Aborder le programme de géographie en IInde, quelques principes généraux.

Publié le par A Lamotte

A)  Le programme : des chapitres...et des notions!

1) Le réflexe "chapitres/manuel"
Via le manuel, les chapitres sont bien ce que l'on regarde prioritairement dans le traitement d'un programme. 
On peut remonter à la source du BO pour constater :
a) qu'il existe des subdivisions à l'intérieur des chapitres ainsi que des commentaires qui doivent orienter leur étude (tout ceci est rarement explicité dans les manuels) ; 
b) qu'hormis le 1er chapitre à traiter obligatoirement en 1er, l'ordre de traitement relève de l'initiative du professeur. (voir exemple sur le site de l'académie de Toulouse, lettre de l'Inspection générale). Des regroupements sont possibles, comme d'associer "nourrir les hommes" et  "l'eau" dans un grand chapitre sur les ressources vitales de l'humanité ou encore d'articuler "6 milliards d'hommes" et "Dynamiques urbaines". La question des  "Sociétés face aux risques " peut constituer une étude transversale plutôt que d'être traitée en un bloc chapitre.

Attention, le volume horaire consacré à chaque chapitre, tel qu'énoncé dans le programme, se situe autour de 5 heures. Il faut en tenir compte prioritairement pour dresser un "plan de bataille" avant de préparer ses cours.

2) Les notions, grandes oubliées du programme
Le réflexe "manuel/chapitres" qui préside bien souvent à la préparation de leçons laisse souvent en arrière plan ou dans l'oubli l'essence même du programme de seconde de géographie : LES NOTIONS.
Celles-ci sont hiérarchisées : 
Il existe : 
- une notion centrale : l'organisation de l'espace
- deux notions transversales : environnement, aménagement
- une dizaine de notions de base : acteurs spatiaux, contraintes, développement, discontinuités, flux, paysages, pôles, ressources, réseaux, risques, territoires.

La notion centrale doit dicter la mise en oeuvre des leçons et progressions ; tout ce qui ne touche pas explicitement à l'organisation de l'espace pourrait être considéré hors programme même si le thème étudié est associé au chapitre. (ex : un dossier économique sur les OGM pour "nourrir les hommes" ou environnemental sur les risques sismiques pour "les sociétés face aux risques")
Il faut donc toujours se poser la question de savoir ce que l'on apprend sur l'organisation de l'espace quand on prépare ses cours de géo de IInde.

La démarche vaut pour les autres notions mais de manière moins systématique : on ne peut prétendre étayer plus d'une dizaine de notions d'un coup sur une étude de cas ou même un chapitre. Il convient donc de cibler quelques notions de base significatives au fil des leçons et progressions. 


B)  Les démarches et ressources, aussi importantes que le programme!!

Pour être volontairement provocateur et excessif, on serait tenté de dire qu'il arrive de "faire le programme" de géo, sans pour autant avoir fait de géo.
Comment réaliser cette "perf"? Il suffit de faire l'impasse sur 
- les documents proprement géographiques que sont les vues aériennes, satellitaires, paysages, cartes, SIG (système d'information géographique), 
- les réalisations géographiques que sont les croquis et schémas
- les démarches géographiques, comme les emboîtements d'échelle, les analyses de paysages ou de cartes.
Pour s'employer à faire de la géo, voici quelques principes tirés du BO

a) Etude de cas/contextualisation : le ryhtme binaire du traitement d'un chapitre

- La valeur de l'étude de cas
"Chaque thème s'articule autour d'une ou deux études de cas qui mettent en place les problématiques nécessaires à l'appropriation des savoirs et constituent l'apprentissage du raisonnement géographique." (BO)
L'étude de cas a donc une fonction d'articulation qui dépasse largement la simple valeur illustrative ; elle s'accompagne d'une obligation de problématique et de raisonnement géographique.

- Le changement d'échelle et la contextualisation : 
"Il est nécessaire que chaque étude de cas soit contextualisée par une mise en perspective à plus petite échelle, s'appuyant prioritairement sur des cartes."
"Il ne s'agit pas seulement d'étudier un même phénomène à différentes échelles mais aussi de montrer qu'un phénomène étudié à une échelle donnée ne peut être compris sans références à d'autres échelles".
On voit bien que le changement d'échelle n'est pas seulement formel : l'emboîtement suppose une démarche de raisonnement, des liens explicatifs.

b) Les ressources et outils, l'estampille "géographie"
"L'étude de chaque thème s'appuie donc sur des cartes à différentes échelles  plan de ville, POS, plan de prévention des risques...- ainsi que sur des photographies de différente nature, des images satellitales, voire des systèmes d'information géographique (SIG)"
Traiter le programme de géographie de IInde, c'est donc de se demander comment on va pouvoir exploiter des ressources presque incontournables comme "Google Earth", "Géoportail", "Géoclip" ou des SIG comme "Géolecture" ou celui de l'IAURIF, par exemple. Ces ressources exceptionnelles récemment mises en ligne sont une aubaine pour enfin "faire de la géographie". 



Résumons-nous : 
pour réfléchir à la mise en oeuvre d'une progression en géographie, il faut se poser 5 questions d'égale importance (y répondre à 4 sur 5 ce serait déjà bien!)
-> quel chapitre je traite? (classique!)
-> quelles notions j'aborde?
-> comment s'articulent mon étude de cas et la contextualisation? (donner un sens au changement d'échelle)
-> quelles ressources spécifiquement géographiques vais-je exploiter?
-> quel croquis vais-je faire réaliser?


Publié dans Péda lycée

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