2nde. Les contestations de la monarchie

Publié le par thierry aprile

 
Thème : la construction d’un cours
A partir d’une fiche de visite (ancienne manière), on se propose de revenir sur la structure du cours observé.


1/ Extrait d’une fiche de visite :

Descriptif de la séance (classe, discipline, thème, place dans la programmation, déroulement, activités/productions élèves)
Février. Jeudi matin. 10h/11h. Classe de seconde en demi-groupe.
Après une première leçon consacrée à « La monarchie absolue en France, principes et limites », M.B… en vient à une deuxième leçon, intitulée : « Les contestations de la monarchie absolue ». Il fixe les objectifs de la séance « comprendre les causes de la Révolution » avant de répartir des élèves en 4 groupes qui étudieront chacun un ensemble de documents à l’aide de questions : « le modèle anglais » ; « le modèle américain » ; « les Lumières contre l’absolutisme » ; « la crise de l’Ancien Régime ». Après 20 minutes de travail autonome, vient le temps de la mutualisation et de la trace écrite. En projetant au tableau une image à l’aide du vidéo-projecteur, M.B... questionne chaque groupe afin qu’ils énoncent leurs réponses, et qu’ils expliquent à leurs camarades le sens des images projetées. Il dicte aux élèves à partir de ces réponses une (trop) longue trace écrite distinguant deux parties : « Les contestations venues d’ailleurs » et « Les lumières et la crise ». La leçon se termine avec l’annonce de la leçon suivante : « quelles sont les causes de la Révolution ? »

Entretien (en particulier : justification des choix et capacité à analyser sa pratique)
Le stagiaire fait preuve d’une grande maturité dans l’analyse de ses pratiques. Il convient
-    de la communication insuffisante des enjeux de la leçon en début de cours (si l’enjeu à venir - quelles sont les causes de la Révolution ? – est bien évoqué, en revanche, la définition de la monarchie absolue n’est pas rappelée). 
-    de la trop grande masse d’informations à assimiler en peu de temps, et imagine un raccourcissement, par ailleurs logique, aux trois premières activités.
-    d’un classement plus dynamique de l’argumentation permettant de construire un raisonnement historique.

Points forts/Qualités :
-    soin mis dans la conception du cours, et souci de sa problématisation.
-    définition heureuse de situations d’apprentissage variées (ici, travail en groupe, usage pertinent du vidéo-projecteur, mutualisation des informations par le biais d’une image synthétique).
-    bonne et ferme conduite du cours, autorité visiblement acquise dans une classe par ailleurs difficile, dans un climat de confiance réciproque.

Points à travailler :
-    être plus rigoureux encore dans la construction d’une problématique rendue plus aisément accessible aux élèves.
-    être moins prisonnier de traces écrites indubitablement trop longues.


2/ Esquisse pour un meilleure problématisation du cours consacré aux « contestations de la monarchie absolue ». A partir du cours de M.B...

A/ Il faut partir d’une définition opératoire de la monarchie absolue, à la fois dans ses pratiques, et dans son discours, l’absolutisme (puisque les 2 ont été distingués dans la leçon précédente).
Ce rappel est absolument indispensable pour que les élèves comprennent l’enjeu de la leçon : les contestations de la monarchie.
Cette définition doit donc faire apparaître : la centralisation du pouvoir dans les mains du seul monarque, qui tire sa légitimité du droit divin, aucune procédure de débat, même limité avec une instance représentative (rappeler le faux ami français « Parlement(s) ») notamment dans le consentement à l’impôt ou l’utilisation des recettes de l’Etat, et une économie fondée sur le privilège et le "mercantilisme" (voir 4ème société d'Ancien Régime sur ce blog).
La complexité de cette définition/rappel n'est qu'apparente, elle est le résumé de l'objectif notionnel du cours précédent et son aboutissement.

B/ M.B… se propose ni plus ni moins qu’une histoire comparée. Objectif très intéressant, car il réduit le défaut fréquent de ce cours qui est de juxtaposer les contestations anglaise, américaine et française, sans parvenir à faire le lien entre elles. Il est clair évidemment que la « contestation de la monarchie » dans le cas américain est inséparable d’une problématique de décolonisation, mais la présence des 13 colonies dans le tableau est légitimée par les objectifs politiques, économiques et sociaux (une alternative radicale à la monarchie) qui sous-tendent la guerre d’Indépendance.
On se propose donc une logique comparative fondée sur un récit commun en trois temps que l'on peut regrouper dans un tableau en 3 colonnes :
1/ quand et comment le conflit s’ouvre-t-il, quels sont ses enjeux ?
2/ comment le conflit se résout-il ?
3/ quels sont les éléments du nouveau compromis politique et social ?

C/ l’avantage de cette présentation est de rendre inutile une partie suivante sur « les causes de la Révolution ». Les points d’interrogation dans le tableau (qui peut organiser la trace écrite) montrent, sans discours redondant, que la « révolution » en France veut se donner les moyens de résoudre le conflit désormais ouvert et d’établir un nouveau compromis, un nouveau « contrat social ».

Publié dans Péda lycée

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