"7 lignes peuvent suffire " : piqûre de rappel sur la nécessité de partir des IO pour construire une progression.

Publié le par A Lamotte

Il n'est pas rare qu'après plusieurs semaines de pratique, on se laisse un peu piéger en oubliant certains  fondamentaux. 

Coup classique : on sort le manuel ou plusieurs manuels pour  la programmation d'un chapitre et on laisse aux oubliettes les IO. 

Effet récurrent : on prévoit plus que ce qui est prévu et on ne cerne pas forcément très bien les points de focalisation du chapitre. 


Prenons l'exemple de "la Méditerranée au XIIème siècle" (histoire IInde) : la tentation courante est d'étudier successivement (parfois dans le détail) les 3 espaces de civilisation concernés.

Retour à la source (IO) : 
III - La Méditerranée au XIIème siècle : carrefour de trois civilisations
Il convient de présenter rapidement le cadre géographique à partir de cartes, et d'expliciter les limites chronologiques du sujet (1095-1204). S'il faut éviter de dresser un tableau exhaustif conduisant à l'étude détaillée des trois civilisations du bassin méditerranéen, il est souhaitable d'en souligner les fondements religieux (catholicisme romain, islam, orthodoxie) et politiques.

Le cœur de la question est bien l'idée de carrefour de civilisations. À l'aide d'un petit nombre d'exemples et de documents librement choisis, il s'agit de mettre en valeur la diversité des contacts que développent ces différentes civilisations : affrontements guerriers
(croisades, Reconquista...), échanges commerciaux (comptoirs), influences culturelles (syncrétisme).
Entrées possibles : un carrefour exemplaire : la Sicile, un espace de contacts : l'Andalousie ...

J'en tire une idée essentielle qui déterminera ma programmation : "Le cœur de la question est bien l'idée de carrefour de civilisations". Il ne s'agit pas d'étudier 3 civilisations mais le carrefour de 3 civilisations : la différence est de taille!  

De cette ligne directrice découle un plan d'étude possible (à prendre dans l'ordre que l'on souhaite) : affrontements guerriers (croisades, Reconquista...), échanges commerciaux (comptoirs), influences culturelles . 
Ce plan peut être précédé ou accompagné d'une ou deux études de cas (la Sicile,...). 

Après la lecture attentive de ces 7 lignes d'IO, on aurait donc la progression suivante : 
- 1ère leçon : Le cadre espace-temps. ("le cadre géographique à partir de cartes" - l'occasion d'envisager la question des héritages et faire quelques rappels historiques- , "expliciter les limites chronologiques du sujet (1095-1204)".
- 2ème leçon : étude de cas, la Sicile.
- 3ème à 5ème leçons : "la diversité des contacts que développent ces différentes civilisations" (voir plus haut).

Ce plan n'a rien d'universel mais il présente l'avantage de se prémunir contre les risques de dispersion!
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Publié dans Péda lycée

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T
Je ne suis pas non plus d'accord avec l'expression "rebrousse-poil".
On peut prendre appui sur le Dimanche de Bouvines c'est l'événement, la bataille, qui permet de construire l'intelligibilité de la société et plus particulièrement de la société en guerre.
Autre exemple sur l'attitude envers les "dhimmis" : ce serait une erreur conceptuelle grave de penser que l'Islam aurait déterminé a priori quelle attitude il faut adopter vis à vis des croyants juifs et chrétiens avant de nouer des contacts avec eux : c'est bien au moins autant l'inverse. Dans le cas de ces contacts entre civilisation, la logique est claire c'est bien le contact avec des chrétiens hostiles qui réactive la question de l'attitude particulière à avoir, entre djihad-"guerre sainte" et statut privilégié pour les autres "gens du Livre".
Commentaire plus général : on ne regarde pas d'abord le synopsis quand on va au cinéma : c'est l'intrigue qui doit permettre de construire les informations sur les personnages, de comprendre leurs regards, leurs réactions, leurs incompréhensions...
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A
Prenons les choses simplement... Vous dites "mais que comprendront les élèves aux comptoirs si je ne leur explique pas que l'Islam a une longue tradition de respect des dhimmis ?"

Je ne vois pas bien en quoi un préalable s'imposerait ; pourquoi ne pas proposer un éclairage en situation? Où serait ici l'incohérence historique ou chronologique? Cela consiste à envisager les choses en terme d'héritage et de mise en perspective, n'est-ce pas fondamentalement historique? Je ne vois pas de "rebrousse poil" dans tout ça.
Par ailleurs j'insiste sur 3 impératifs du programme : le cadre horaire, le XIIème siècle, la notion de carrefour (en Méditerranée).
"Aller vite" n'est pas nécessairement l'expression la mieux adaptée ; il faut faire des choix d'enseignement, en tenant compte de ces impératifs.

P.S Le ton est à la controverse mais au meilleur sens du terme ; vous avez le mérite de vous interroger, c'est ce que l'on attend de vous en cette année de formation.
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L
Bref, il faut parler des origines de l'Islam / christianisme / orthodoxie après avoir présenté leur situation au XIIé ? Si l'étude de cas est un procédé pédagogique utile - n'est il pas également pédagogique de respecter une certaine cohérence chronologique et historique ? Je crois avoir lu quelque part que ce programme visait notamment à fournir aux élèves un brin de culture d'histoire des religions or pour bien en traiter n'est il quand même pas préférable d'étudier l'évolution de ces religions ? Sans doute faut il aller vite mais le procédé du "rebrousse poile" est il assurément le meilleur ?
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A
L'objection renvoie ici à une question d'ordre général : a-t-on besoin de préalables pour rentrer dans le vif du sujet? L'approche par l'étude de cas, très présente dans l'esprit des programmes, préconise une toute autre manière d'aborder les choses : on part d'une situation singulière (ex : la Sicile) qui renvoie à un questionnement sur un contexte plus général. Par ailleurs, la focalisation du programme sur le thème du carrefour commande d'en partir et non d'y arriver.
Enfin, en terme de temps, de ce choix dépend aussi la maîtrise du programme. N'oubliez pas : environ 15-20 heures pour les 3 1ères parties. Ne finissez pas symboliquement l'année sur Waterloo!
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L
Oui, mais peut on étudier les rapports entre A et B si l'on ignore A et B ? Le plan proposé ne laisse pas - apparemment - la place à l'étude des 3 confessions (sauf à appeler ça 'cadre espace temps', 'rappels historiques' , ce qui me semble un peu flou si il s'agit d'expliquer l'orthodoxie...)? Ne peut on faire 3-4 séances (une par confession) et deux pour les contacts ? Cela semble renverser l'économie du programme, mais que comprendront les élèves aux comptoirs si je ne leur explique pas que l'Islam a une longue tradition de respect des dhimmis ?
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